La UNE

Des milliers de Vénézuéliens défilent pour dénoncer la répression

Des milliers de personnes ont défilé samedi au Venezuela pour dénoncer la "brutale répression" des manifestations contre le président Nicolas Maduro, dont l'opposant Leopoldo Lopez s'est dit également victime en prison.

"Fini la répression. Fini les morts", pouvait-on lire sur une pancarte attachée aux grilles d'une base aérienne de Caracas.

Dans la capitale et d'autres villes du pays, les manifestants se sont rassemblés devant des installations de l'armée après le décès de deux jeunes victimes de tirs militaires cette semaine à Caracas, qui porte, selon le parquet, à 75 le nombre de morts recensés en 85 jours de manifestations contre M. Maduro, très impopulaire dans un contexte de grave crise économique.

"Les jeunes donnent leur vie pour nous et nous sommes ici pour dire ça suffit. Je resterai dans la rue pour eux. Ils sont tous mes enfants", a dit à l'AFP Mirian Suarez, 63 ans.

Le ton est également monté entre le Venezuela et l'Organisation des Etats américains (OEA). Luis Almagro, son secrétaire général, répondant sèchement à M. Maduro qui lui avait demandé de démissionner en échange du retour de son pays au sein de l'institution.

"J'ai reçu une proposition de négociation : ma démission en échange du retour du Venezuela dans l'OEA (que le pays a décidé de quitter en avril)", a expliqué M. Almagro dans une vidéo, avant de rétorquer : "je cède ma place en échange de la liberté au Venezuela".

Je partirai "quand il y aura des élections libres et transparentes, avec des observateurs internationaux et sans candidatures rejetées, quand tous les prisonniers politiques seront libérés", a-t-il ajouté.

- Accusations de torture -

Dans une vidéo relayée vendredi sur les réseaux sociaux, l'opposant vénézuélien Leopoldo Lopez clame à grands cris subir des tortures dans la prison militaire où il purge une peine de treize ans et neuf mois pour "incitation à la violence" lors de manifestations contre M. Maduro. Celles-ci s'étaient soldées par 43 morts de février à mai 2014.

"Lilian, ils me torturent ! Dénoncez cela !", entend-on de loin sur des images de la prison Ramo Verde, dans les environs de Caracas. L'homme politique s'adresse à sa femme Lilian Tintori. "Aucun de ses avocats n'a pu voir Leopoldo depuis le 6 avril", a-t-elle de son côté déclaré à la presse.

Il y a deux semaines, l'opposant avait appelé les militaires à se "rebeller", dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux.

La coalition d'opposition MUD (Bureau pour l'Unité démocratique) a demandé à son tour samedi sur Twitter aux militaires de "baisser les armes".

David Vallenilla, un manifestant de 23 ans, est mort jeudi après avoir été atteint de trois balles au thorax. Des balles tirées par un sergent de la police de l'air devant la base de La Carlota, selon des photos et des vidéos diffusées par des médias locaux. Des heurts avaient éclaté quand le défilé avait été freiné par des gaz lacrymogènes. Des manifestants masqués avaient lancé des pierres et des cocktail molotov.

Un autre manifestant, Fabian Urbina, 17 ans, touché par une balle après que la Garde nationale avait ouvert le feu dans un autre rassemblement, est décédé lundi.

Quatre militaires sont mis en cause par la justice pour ces deux cas, ont informé les autorités.

M. Maduro a dirigé samedi une cérémonie militaire dans l'Etat de Carabobo aux côtés des chefs de l'armée, qui lui ont exprimé à nouveau leur "loyauté".

S'exprimant devant les plus hauts gradés vendredi, le président vénézuélien avait appelé à "faire en sorte" que "plus personne ne meure, jamais".

Dans son discours, M. Maduro avait aussi indirectement accusé les dirigeants de l'opposition de pousser à la violence : "Quels sont leurs objectifs ? Laisser la mèche allumée, et qu'il y ait un meurtre ici, un mort là ? C'est comme un compte-gouttes mortel", a-t-il accusé.

L'opposition, majoritaire au Parlement, a pour sa part appelé mardi la population à ne plus reconnaître le gouvernement ni la convocation de l'Assemblée constituante initiée par le président.

JO-2024: Emmanuel Macron monte au filet pour Paris 2024

Emmanuel Macron en tennisman pour soutenir la candidature de Paris à l'organisation des JO-2024: temps fort des journées olympiques, le président de la République a disputé une partie très suivie sur le Pont Alexandre-III samedi.

Tant pis pour l'étiquette, le président a tombé la veste pour faire bonne figure -sur ses jambes et en fauteuil roulant- aux côtés de plusieurs joueurs, dont Lucas Pouille et Michaël Jeremiasz, puis s'entraîner à la boxe.

Accompagné de la maire de Paris, Anne Hidalgo, le président s'est essayé en fin d'après-midi à plusieurs des activités sportives ouvertes au public le long de la Seine afin de faire la démonstration de l'engouement populaire pour Paris 2024.

"Il y a ce formidable esprit universel dans l'olympisme, a-t-il déclaré sur un plateau installé par France 2. Mais quand je participe, je préfère toujours gagner. C'est la petite entorse que je ferais à l'esprit de Coubertin."

"Je pense que Paris 2024, c'est un projet porté par tout le pays. Il est important d'envoyer le signal que le chef de l'Etat est aussi au rendez-vous parce que la population française est au rendez-vous", a souligné M. Macron.

Fervent soutien de la candidature parisienne face à Los Angeles, il avait déjà mouillé le maillot le 15 mai, deux jours après son investiture, en recevant les membres de la Commission d'évaluation du CIO à l'Elysée.

- Los Angeles mise sur la modestie -

En marge du déplacement présidentiel, l'esplanade des Invalides, transformée en véritable stade omnisports à ciel ouvert, n'a pas désempli. "C'est le moment où il a le moins de monde, confiait Maxime, accompagné de trois amis qui patientaient pour se tester au tir à l'arc. Tout le monde est tassé pour voir le président. Nous, on teste des activités."

Un peu loin, un tournoi de rugby à V battait son plein, en présence de l'ancien joueur du Stade Français Pierre Rabadan, désormais conseiller sport de la maire de Paris, ou encore de Jonathan Laugel, international du rugby à VII.

Les curieux ont également pu assister à une démonstration de BMX freestyle -qui fera son apparition aux Jeux de Tokyo en 2020- sur un module XXL installé entre le Grand et le Petit Palais. "Bluffant", "de véritables malades", de l'avis général!

Le vélo était aussi à l'honneur autour de l'Arc de Triomphe, fermé à la circulation jusqu'en milieu de matinée.

Dans la course pour organiser les JO, Paris voulait faire la différence à l'occasion de la Journée mondiale de l'olympisme, programmée vendredi, en misant sur ses décors de carte postale et en faisant durer le plaisir un jour de plus.

Adversaire de Paris, Los Angeles a misé sur la modestie en organisant des activités pour 500 enfants sur une plage de Pacific Palisades, à une trentaine de kilomètres du centre-ville, vendredi.

Prochain rendez-vous dans le calendrier olympique, le CIO doit se prononcer le 11 juillet à Lausanne sur le principe d'un double vote pour l'attribution des JO-2024 et 2028 aux deux villes candidates. Le vote final aura lieu à Lima, au Pérou, le 13 septembre.

Paris n'a plus accueilli les jeux Olympiques depuis 1924 et la flamme olympique a brûlé pour la dernière fois sur le sol français en 1992, lors des JO d'hiver à Albertville.

Sondage: 64% des Français satisfaits d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe

Soixante-quatre pour cent des Français sont satisfaits d'Emmanuel Macron (+2% par rapport à mai 2017) et d'Edouard Philippe (+9%), selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche (JDD).

Pour le président Macron, 54% des sondés se disent "Plutôt satisfaits (50% en mai) et 10% sont "très satisfaits" (12% en mai). Chez les 35% de mécontents, 23% se disent "plutôt mécontents" (+3%) et 12% sont "très mécontents" (+1%). Un pour cent des sondés ne se prononcent pas contre 7% le mois dernier.

Pour le chef du gouvernement Edouard Philippe, 59% des sondés se montrent "plutôt satisfaits" (50% un mois plus tôt) et 5% se disent "très satisfaits" (=). Chez les mécontents, 24% se disent "plutôt mécontents (+6%) et 8% "très mécontents" (+2%). 4% des personnes interrogées ne se prononcent pas alors qu'ils étaient 21% en mai.

Cette enquête a été réalisée par l'Ifop auprès d’un échantillon de 1.883 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas du 14 au 24 juin 2017 par questionnaire auto-administré en ligne et par téléphone.

Décès de la journaliste Véronique Robert, blessée à Mossoul

La journaliste Véronique Robert, blessée lundi en Irak, pendant un reportage, dans l'explosion d'une mine qui avait déjà tué deux de ses confrères, est morte à son tour samedi, en France, des suites de ses blessures.

"C'est avec une très grande tristesse que la direction de l'information de France Télévisions vient d'apprendre le décès de la journaliste Véronique Robert", blessée par une mine à Mossoul, a annoncé France Télévisions dans un communiqué.

La journaliste effectuait un reportage sur la bataille de Mossoul qui devait être diffusé dans l'émission "Envoyé Spécial" de la chaîne publique France 2.

Elle était accompagnée de trois autres personnes au moment de l'explosion, dont deux, le journaliste reporter d'images français Stephan Villeneuve, 48 ans, et leur "fixeur" irakien Bakhtiyar Addad, 41 ans, ont été tuées par la mine. Le journaliste français Samuel Forey a, lui, été blessé légèrement.

Âgée de 54 ans, cette grand reporter collaborait pour plusieurs médias en Suisse et en France, comme Paris Match pour lequel elle avait récemment réalisé une série de reportages sur l'Irak.

Grièvement blessée par l'explosion de la mine, elle avait été opérée à Bagdad, dans l'hôpital d'une base militaire américaine, avant d'être rapatriée en France dans la nuit de jeudi à vendredi, à l'hôpital militaire de Percy, près de Paris.

"C'était quelqu'un de très déterminé. Les médecins américains nous on dit que, même dans le coma, elle avait un mental extrêmement puissant", a témoigné auprès de l'AFP Emilie Raffoul, directrice de la société de production audiovisuelle #5 Bis Productions pour laquelle Véronique Robert travaillait.

"Elle avait l'habitude des combats, c'était une professionnelle de la guerre qui avait couvert plusieurs conflits, spécialiste du Proche-Orient", a ajouté la productrice, qui s'était rendue à son chevet en Irak mardi aux côtés de la responsable des magazines à France Télévisions Dominique Tierce et de la grand reporter Dorothée Olliéric.

- "Femme hors norme" -

"On attendait une moins mauvaise nouvelle cette semaine. Elle ne viendra pas. Véronique Robert est décédée ce matin, en France, entourée de ses garçons. Vous découvrirez dans des portraits cette femme hors norme. Le mot tristesse est bien trop court pour décrire ce que l'on ressent", a écrit sur Facebook son producteur Nicolas Jaillard.

La journaliste laisse deux enfants adultes derrière elle, Sébastien et Alexandre.

"Le décès de Véronique Robert ajoute à la tristesse de tous ceux qui sont attachés au grand reportage", a commenté sur Twitter le secrétaire général de Reporters sans frontières Christophe Deloire.

La ministre française de la Culture, Françoise Nyssen, a également fait part sur Twitter de son "émotion à l'annonce du décès de Véronique Robert, grande journaliste de guerre".

Le ministère des Affaires étrangères a fait part dans un communiqué de sa "grande émotion", saluant "le courage qui l'a animée pour couvrir la bataille de Mossoul".

Spécialiste du Proche-Orient, Véronique Robert a longtemps vécu à Dubaï où elle avait milité pour la création d'un centre de traitement pour les mineurs victimes de viol, au cours du procès médiatisé du viol de l'un de ses fils il y a une dizaine d'années.

Un combat au cours duquel elle avait appelé à boycotter Dubaï en lançant un site internet, www.boycottdubai.com, et pour lequel elle avait entrepris des actions en justice en France et en Suisse contre plusieurs très hauts responsables des Émirats et de Dubaï pour "mise en danger de la vie d'autrui".

L'Irak est l'un des États les plus meurtriers au monde pour les journalistes. Selon RSF, en comptant ces trois décès, le conflit en Irak a fait 29 morts depuis 2014 parmi les journalistes professionnels ou non.

Avant le décès de Bakhtiyar Addad et Stephan Villeneuve, RSF avait recensé trois journalistes tués depuis le début de la bataille de Mossoul en octobre 2016.

En outre, les combattants du groupe jihadiste État islamiques détenaient toujours dix journalistes et collaborateurs des médias, tous des Irakiens, depuis maintenant près de deux ans, selon l'organisation.

L'enfant enlevé à Melun retrouvé, le père hospitalisé en pyschiatrie

Le père qui avait enlevé son fils de cinq ans jeudi à Melun (Seine-et-Marne) a été placé en psychiatrie après son interpellation samedi, quelques heures après avoir ramené l'enfant dont la disparition avait déclenché une Alerte enlèvement.

Cet homme âgé de 35 ans a été interpellé en début d'après-midi "au domicile de la grand-mère" paternelle du garçonnet, au Mée-sur-Seine, une commune proche de Melun, a indiqué à l'AFP une source policière. Il a été hospitalisé en psychiatrie, son état n'étant pas compatible avec la garde à vue, a ajouté la procureure de Melun, Béatrice Angelelli.

Le père a été interpellé là où il avait déposé sain et sauf le petit Adam vers 7H00 samedi, quelques heures après le déclenchement de l'Alerte enlèvement. Le dispositif a été levé vers 8H00. Selon les premiers éléments, le père a passé la nuit de vendredi à samedi "dans son véhicule avec l'enfant", a précisé Mme Angelelli.

Cet homme, qui présente des "troubles psychologiques" selon la source policière, avait été condamné en début de semaine pour des violences contre sa compagne, a indiqué la procureure.

Jeudi, il était allé chercher l'enfant à l'école, a détaillé la source policière. Mais, il ne l'a pas ramené quelques heures plus tard, ce qui était pourtant convenu avec la mère.

Dans la soirée de jeudi, elle est allée déposer une main courante au commissariat, a ajouté la source. Elle est "revenue vendredi soir", très inquiète, l'enfant n'ayant toujours pas été rendu.

"Compte tenu de l'âge de l'enfant, du profil du père et de la chaleur" en plein épisode de canicule dans la région parisienne, le dispositif Alerte enlèvement a alors été déclenché dans la nuit de vendredi à samedi, a poursuivi cette source.

- 21 alertes en plus de dix ans -

Adopté en France en février 2006, le dispositif Alerte enlèvement permet de lancer, en cas de rapt d'enfant mineur, une alerte massive via une cinquantaine de canaux de diffusion pour mobiliser la population dans la recherche de l'enfant et de son ravisseur.

C'est la 21e fois que le dispositif est déclenché en France. Excepté en mars 2009 et mars 2017, où il n'avait pas permis de retrouver rapidement l'enfant, il a souvent fait montre de son efficacité.

Lors de sa dernière activation, le 29 mars 2017, le plan avait été déclenché pour un garçonnet de cinq ans et demi enlevé par son père dans un camp de gens du voyage à Clermont-Ferrand.

L'alerte avait été levée le 30 mars sans que l'enfant ait été retrouvé. Le petit Vicente avait été finalement retrouvé le 6 mai près de Toulouse avec son père qui avait été interpellé.

En 2009, une autre alerte enlèvement s'était également révélée inefficace. L'enfant enlevé dans le sud de la France avait été retrouvé trois semaines plus tard en Hongrie.

Marche des fiertés: des milliers de personnes demandent "la PMA pour toutes"

Plusieurs milliers de personnes se sont réunies samedi près de l'Assemblée nationale pour la quarantième marche des fiertés parisienne, qui revendique l'ouverture de la procréation médicalement (PMA) assisté "pour toutes, sans condition ni restriction."

Aux abords de la place de la Concorde, une foule colorée se prêtait de bonne grâce au contrôle des policiers, qui voyaient passer gladiateurs, garçons en bas résille et filles fardées aux couleurs de l'arc-en-ciel, couples s'embrassant.

"Ça fait quarante ans, et ce n'est pas fini!": une porte-parole de l'association organisatrice, l’Inter-LGBT (lesbiennes, gays, bis et trans), a été acclamée avant le départ du cortège. "Nous ne sommes pas ici pour demander des miettes, mais des droits, et c'est pour cela que nous partons à quelques mètres de l'Assemblée nationale."

Les générations se côtoient: drapées dans des drapeaux arc-en-ciel, Agathe, Marwa et Laura ont 16 ou 17 ans. Elles sont là "pour faire avancer les choses" et se félicitent que "les jeunes assument plus" leur orientation sexuelle.

Jean-Luc et Franck, enseignants au collège, ont perdu le compte précis des années: "Notre première marche? Il y a vingt ans, au moins." Eux veulent avoir une pensée pour ceux qui "dans d'autres pays ne peuvent pas faire ce que l'on fait."

Les chars festifs devaient traverser le coeur du Paris historique jusqu'à la place de la République où des animations et concerts sont prévues jusqu'à 22H00.

Près du char des militants LGBT des forces de l'ordre, Mickaël Bucheron, président de l'association FLAG - dont était membre le policier Xavier Jugelé, tué dans un attentat jihadiste sur les Champs-Élysées en avril- est venu réclamer le droit de défiler en uniforme pour "dire à la population que la police est diverse, à son image".

Le président Emmanuel Macron a tweeté samedi: "La France est arc-en-ciel. Nous sommes riches de nos diversités, soyons en fiers! ". Pendant la campagne, il s'était dit "favorable" à l'ouverture de la PMA, aujourd'hui réservée aux couples hétérosexuels stériles, "aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires".

Dans le cortège, un groupe "LGBT - En Marche" parade sous son ballon géant. Mais les militants ont une consigne: "On ne parle pas à la presse."

La PMA reste un sujet délicat dans un pays où la mobilisation contre le Mariage pour tous a été virulente. Le Comité consultatif national d'éthique doit rendre mardi un avis très attendu sur la PMA, concernant notamment les couples de femme.

Budget des armées: Florence Parly s'efforce de rassurer les militaires

La nouvelle ministre des Armées Florence Parly s'est efforcée samedi de rassurer les militaires qui redoutent de faire les frais des prochains arbitrages budgétaires avec l'arrivée de cette ancienne de Bercy à la défense.

"J'aurai à cœur de mettre mes anciens savoir-faire au service du ministère des Armées", a assuré cette spécialiste du budget lors d'une visite aux soldats de l'opération Sentinelle à Paris.

"Je suis heureuse, fière et en même temps consciente de la lourdeur et de la gravité des responsabilités qui me sont confiées", a ajouté Florence Parly, qui a succédé mercredi à Sylvie Goulard, restée un mois en fonction.

La nomination de cette ancienne conseillère budgétaire puis secrétaire d'État au Budget (2000-2002) du socialiste Lionel Jospin, avant une carrière chez Air France et à la SNCF, suscite beaucoup d'interrogations dans les armées qui réclament plus de moyens pour assurer leurs missions, face aux menaces terroristes.

Certains redoutent qu'une ministre plus "techno" que politique ne puisse tenir tête à Bercy qui a souvent considéré les armées comme une variable d'ajustement du budget, et monter au feu pour réclamer les arbitrages nécessaires à l'Élysée.

- 'Pas de perturbateur' -

"Je pense que pour Emmanuel Macron, la priorité est à la manoeuvre économico-budgétaire. Dans cet esprit il ne faut pas que le ministre de la Défense soit un +perturbateur+, notamment au sens budgétaire, en instrumentalisant les actualités militaires sur le plan budgétaire", relève un haut gradé.

Le départ au Quai de Jean-Yves Le Drian qui avait menacé de démissionner sous François Hollande s'il n'obtenait pas gain de cause face à Bercy, a aussi été interprété comme un signal en ce sens.

Le député François Cornut-Gentille (LR), spécialiste des questions de défense, va encore plus loin, estimant qu'avec Florence Parly, "c'est un peu Bercy qui s'installe à Brienne".

L'effort à fournir pour que le budget des armées atteigne 2% du PIB d'ici à 2025, engagement récurrent du président Macron, est de l'ordre de deux milliards d'euros par an, une marche annuelle importante qui pourrait selon le député être "remise en cause".

"Les gens optimistes disent +Florence Parly connaît Bercy de l'intérieur+", c'est une bonne nouvelle, elle saura défendre les intérêts des armées, relève le député LR. Mais de l'autre côté on a une situation budgétaire vraiment explosive", s'alarme-t-il.

Sylvie Goulard avait déjà jeté un froid en avertissant qu'il faudrait nécessairement opérer des "arbitrages" dans un "contexte budgétaire et général très contraint".

- Coût humain -

A peine nommée, elle avait découvert des gels de crédits à hauteur de 2,7 milliards pour son ministère en 2017 sur lesquels la nouvelle majorité va devoir se prononcer à la lumière d'un prochain audit budgétaire.

Les armées sont surengagées sur nombre de théâtres d'opérations, avec des matériels parfois vétustes, comme le VAB (véhicule de l'avant-blindé), vieux de 50 ans, et des besoins capacitaires criants dans certains domaines comme les hélicoptères et le ravitaillement en vol.

Samedi, Florence Parly a aussi pu mesurer ce surengagement auprès des soldats du 152e régiment d'infanterie déployés à Paris depuis début juin après avoir passé quatre mois au Mali.

"Sur 2016/2017, la plupart de nos hommes sont à plus de 250 jours d'absence de leur garnison" et donc d'éloignement de leur famille, un "coût humain" important, a souligné leur chef de corps, le colonel François-Régis Dabas.

La nouvelle ministre avait déjà envoyé de premiers signaux vendredi en direction des armées en s'engageant à leur fournir les "meilleurs équipements" sur les théâtres d'opérations.

Le Premier ministre Édouard Philippe a aussi réaffirmé vendredi l'objectif d'un budget défense à 2% du PIB, sans préciser comment il comptait y parvenir ni selon quel calendrier.

L'ex-ministre Ferrand, élu à la tête du groupe majoritaire

Les 308 députés de la République en marche ont élu samedi l'ancien ministre Richard Ferrand, "le 1er des macronistes", à leur tête lors de leur "séminaire de cohésion" destiné à établir le fonctionnement du groupe majoritaire et sa relation avec le gouvernement.

Seul candidat, M. Ferrand, ex-socialiste rallié de la première heure à Emmanuel Macron et devenu la cheville ouvrière d'En Marche, a été élu à main levée, moins deux abstentions, lors de ce séminaire à huis clos dans la résidence du président de l'Assemblée.

"Je m’attacherai à faire vivre la promesse de renouvellement des pratiques politiques dans le cadre du travail parlementaire et à donner corps, avec le gouvernement, au contrat avec la nation passé entre le président de la République et nos concitoyens", a promis le député du Finistère et ex-secrétaire général du mouvement présidentiel dans un communiqué.

L'ex-ministre de la Cohésion des territoires, mis en cause pour une transaction immobilière, avait quitté le gouvernement sur demande d'Emmanuel Macron pour briguer ce poste stratégique. Une enquête a été diligentée par la justice après un article du Canard enchaîné révélant qu'en 2011, les Mutuelles de Bretagne avaient décidé de louer des locaux commerciaux appartenant à sa compagne, alors qu'il en était directeur général.

"Je veux que tu sois mon Pierre Joxe", lui a demandé le chef de l’État, référence à l'ancien ministre ayant dirigé avec une certaine autorité le groupe PS quand François Mitterrand est arrivé au pouvoir en 1981.

Porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner a déclaré sur BFMTV qu'"il fallait un leader qui connaisse bien chacune et chacun, qui connaisse bien le projet politique sur lequel Emmanuel Macron a été élu", faisant de Richard Ferrand "l'homme idéal".

L'élection quasi unanime de Richard Ferrand a suscité des critiques de certains politiques. "Une vraie bande de godillots piétinant la morale!", a tweeté l'ex-député LR Thierry Mariani.

"Richard Ferrand élu à la tête du groupe LREM : la "moralisation" ce sont de grands mots mais des actes petits", a ironisé le N.2 du Front national Florian Philippot.

Le fonctionnement du groupe et l'articulation de son travail avec celui du gouvernement est le thème central du séminaire, notamment en regard de la fronde sous le quinquennat Hollande.

- Une femme à la tête de l'Assemblée ? -

"Vous n'avez pas un devoir d'obéissance au gouvernement mais un devoir de fidélité", a lancé à l'ouverture des travaux Jean-Paul Delevoye, ex-président de la commission d'investiture.

Présent, comme le reste du gouvernement, Edouard Philippe a demandé aux députés "d'incarner la transformation du pays".

Le Premier ministre a aussi salué la féminisation de l'Assemblée, comme si "Marianne était enfin chez elle".

Après 10 heures de réunion samedi, le député de l'Essonne Cédric Villani a affirmé avoir engrangé "beaucoup d'infos". "On a beaucoup parlé de l'esprit dans lequel on va travailler. Il faudra trouver un bon équilibre entre le débat ouvert et la cohésion du groupe", a-t-il souligné.

L'appel à candidatures pour les postes à responsabilités (présidences de commission, questure...) a été repoussé à dimanche soir, après une nouvelle matinée de séminaire.

Après un homme de droite à Matignon, certains responsables REM militent pour une femme de gauche au "perchoir", poste le plus prestigieux, ce qui serait une première.

Deux candidates se sont déclarées vendredi soir, Brigitte Bourguignon et Sophie Errante, deux ex-PS ralliées à En Marche qui entament leur deuxième mandat. Seul homme en lice jusqu'alors, l'ex-candidat à la primaire de la gauche François de Rugy, député depuis 2007, insiste sur son expérience et sa volonté de réformer l'Assemblée.

Le groupe votera mardi matin pour désigner son candidat, qui devrait être élu l'après-midi président de l'Assemblée dans la séance inaugurale.

Pour tous les postes clefs, il faudra un équilibre entre novices et chevronnés, "marcheurs" de gauche et de droite, femmes-hommes, etc.

REM devra aussi tenir compte du MoDem, dont les 42 députés se réuniront dimanche à l’Assemblée. Sera notamment évoquée la présidence de groupe: Marielle de Sarnez est pressentie, à moins qu'elle n'obtienne une présidence de commission.

Basket: les Françaises retrouvent l'Espagne en finale de l'Euro

Les basketteuses françaises affronteront l'Espagne pour la médaille d'or de l'Euro, dimanche (20h30) à Prague, dans une revanche de la finale de 2013 perdue devant leur public.

Les Bleues ont obtenu leur billet pour leur troisième finale consécutive en confirmant leur supériorité sur les Grecques en demi-finale, 77 à 55, plus facilement que dans le match de poule gagné contre la même équipe il y a six jours (70-63).

La moitié du groupe actuel était à Orchies en 2013, lorsque la France s'était inclinée d'un seul point, dont Gaëlle Skrela et Céline Dumerc. Pour ces deux joueuses, le match de dimanche sera leur dernier en bleu.

"Les deux retraitées vont finir sur une finale. C'est top! Ce qui est sûr, c'est qu'on est sûr d'avoir une médaille et pour le basket français cinq de suite c'est énorme. Je suis fière de ce qu'on fait", a dit la capitaine Céline Dumerc.

La dernière marche s'annonce particulièrement difficile à franchir car l'Espagne, vice-championne olympique, a fait forte impression en demi-finale en surclassant la Belgique 68 à 52. L'une des tâches prioritaires des Françaises sera de contrôler la redoutable Alba Torrens, peut-être la meilleure joueuse de l'Euro, auteur de 20 points et 10 rebonds samedi.

Difficile, mais loin d'être impossible. Les Françaises pourront s'appuyer sur leur victoire sur l'Espagne en match de préparation, il y a deux semaines à Mulhouse, 65 à 56, et sur un bilan positif ces dernières saisons. La finale de 2013 est le seul match perdu contre la "Roja" sur les cinq derniers joués depuis 2011.

Il s'agira d'une explication entre les deux nations les plus régulières des dernières années. La France n'a plus quitté le podium depuis le titre de 2009. L'Espagne reste sur sept médailles lors des huit dernières éditions (1 or, 1 argent, 5 bronze).

- Les Bleues s'envolent sur la fin -

Contre les Grecques, la victoire s'est déroulée selon le scenario espéré. Accrochées pendant trois quart-temps (+5 après 30 minutes), les Françaises ont fait parler leur supériorité athlétique et la profondeur de leur banc pour s'envoler dans le dernier (25-8).

Ce sont deux paniers à trois points réussis coup sur coup par les jeunes Olivia Epoupa (11 points) et Marine Johannes (10 points) qui ont creusé le trou définitif: +10 à six minutes de la fin. Les Grecques, usées, se sont alors effondrées.

Comme à chaque sortie, les Bleues ont fait la démonstration de leur force collective. Les douze joueuses ont toutes marqué, dont bien sûr Endy Miyem, la plus régulière depuis le début du tournoi et encore la meilleure en demi-finale (13 points).

A l'intérieur, elles ont fait le ménage. C'était le soir de Diandra Tchatchouang, la joueuse de Bourges, auteur de 12 points. Son contre spectaculaire à un moment crucial du dernier quart-temps a fait exploser la centaine de supporteurs français présents dans l'Arena de Prague. Helena Ciak a elle pris 10 rebonds.

Les joueuses de Valérie Garnier ont aussi réussi une grosse défense sur les deux meilleures joueuses hellènes, surtout Evina Maltsi, obligée de forcer ses tirs (9 points, 4 sur 14 lancers francs). L'autre gâchette Stella Kaltsidou est quand même parvenue à inscrire 15 points.

Les Bleues chercheront à remporter leur troisième titre continental après ceux de 2001 et 2009. Ce serait le second pour Dumerc et Miyem.

Défilés masculins: slogans, logos et un vent d'Amérique

Les étiquettes apparentes de Dior homme, les slogans énigmatiques de Sacai ou les paroles de chansons d'Etudes: la mode masculine s'ornait d'inscriptions samedi, au quatrième jour des défilés pour le printemps-été 2018 à Paris.

- Sur le campus de Dior -

Le directeur artistique Kris Van Assche, qui fête ses 10 ans à la tête de Dior homme, a voulu "rendre hommage" au savoir-faire de ses ateliers, situés 3 rue de Marignan: l'adresse s'affiche fièrement sur des étiquettes, qui sont cousues sur des manches de vestes ou épinglées à la boutonnière.

Le logo revient aussi sur des bandes noires formant des rayures sur de grands manteaux en lainage de costume légers, ou sur de fines écharpes-rubans.

Le créateur belge s'est une fois de plus ingénié à revisiter l'ensemble costume noir-chemise blanche - "l'ADN de Dior homme", commente-t-il - en y apportant sa touche sportswear et urbaine.

"Tout le monde dit que le tailleur, c'est fini; moi je ne suis pas du tout d'accord", dit-il à l'AFP. "Je vois les jeunes mannequins, ils sont d'une génération qui est née en jean et sweat-shirt, mais quand ils viennent ici et qu'ils mettent un costume, ils adorent ça".

La veste est cette fois très ajustée, cintrée à la taille: "presque l'idée de la veste Bar pour homme", décrit le créateur, en référence à la silhouette en sablier caractéristique du New Look. Le costume est décliné, déconstruit, jusqu'à se réduire à une veste sans manche et un short, une veste queue de pie est travaillée comme une robe, coupée en biais.

Pour contraster, le bas de la silhouette, pantalon et sneakers, est résolument sportswear.

Dans la deuxième partie de la collection, qui relève davantage de son ADN personnel, dit-il, Kris Van Assche est allé chercher l'inspiration du côté d'un campus américain. Il reprend les couleurs des uniformes scolaires - bleu clair, bordeaux, beige, rouge -, les sweats style université, les blousons teddy...

Ces jeunes hommes, qui portent des colliers à têtes de mort, s'habillent pour séduire et pour passer la nuit dehors, à faire la fête, comme l'indique le slogan, récurrent, de "late night summer".

- Sacai, version cow-boy -

Chez Sacai, marque de la créatrice japonaise Chitose Abe, qui a présenté un défilé mixte, des expressions sibyllines en anglais ("Stasis as to vector", "All in due course") s'impriment à l'infini sur des vestes, des t-shirts, bermudas, pantalons et jupes, en blanc sur fond noir ou bleu clair sur fond blanc.

La silhouette devient une page de livre sur laquelle les mêmes mots, œuvre typographique de l'artiste conceptuel américain Lawrence Weiner, s'alignent de façon obsessionnelle.

La griffe japonaise s'est aussi inspirée du Far west, avec des franges sur des vestes, des chemises, des boots à moitié santiags.

Un univers américain qui a également séduit Olivier Rousteing chez Balmain. Le créateur a proposé une collection quasiment exclusivement en noir et blanc, faisant la part belle au cuir.

- Etudes: dans le métro -

La marque Etudes célèbre le Paris des années 80 avec des slogans tirés de titres et de paroles de chansons de Taxi Girl, groupe phare de ces années-là: P-A-R-I-S s'imprime sur un t-shirt, "Paris, ville de nos rêves" sur une ceinture, ou sur une chemisette en petits caractères noirs formant des carreaux, tandis qu'un pull sans manche affiche: "Cherchez le garçon".

Dans ce défilé également mixte, la griffe propose un voyage dans le métro parisien d'hier: les couleurs des anciens tickets à bandes magnétiques, jaunes puis bleus, composent la palette de la collection.