La UNE

L'UE à 60 ans cherche un nouveau souffle, en dépit du Brexit

Les dirigeants européens ont affirmé samedi à Rome leur volonté de prendre un nouveau départ, 60 ans après la signature du traité fondateur de leur Union, aujourd'hui fragilisée, y compris par le divorce décidé par le Royaume-Uni.

"Prouvez aujourd'hui que vous êtes les dirigeants de l'Europe", a lancé le président du Conseil européen, Donald Tusk, aux 27 chefs d'État et de gouvernement réunis au Capitole, dans la même salle des Horace et des Curiace où fut signé le traité fondateur de l'Union européenne le 25 mars 1957.

Mais, sans la Première ministre britannique Theresa May, qui a décidé de lancer mercredi la procédure de séparation d'avec le bloc européen.

Accueillis sous un soleil éclatant par le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni, les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 ont chacun à leur tour traversé la grande place du Capitole, dessiné par Michel-Ange, avant de signer un nouvel engagement solennel en faveur de l'Europe.

"Il y a des signatures qui durent", a affirmé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker en paraphant ce document, la "Déclaration de Rome", avec le même stylo utilisé il y a 60 ans par son prédécesseur luxembourgeois.

- Union "une et indivisible" -

En 1957, l'Allemagne, la France, l'Italie et les pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) s'engageaient à "établir les fondements d'une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens".

Mais "nous nous sommes arrêtés et cela a provoqué dans l'opinion publique une crise de rejet, cela a fait refleurir les nationalismes qu'on pensait relégués aux oubliettes", a déclaré avant la cérémonie de signature le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni.

Mais, a-t-il assuré, "nous avons appris la leçon, l'Union choisit de repartir".

Dans leur déclaration, les 27 réaffirment que leur "Union est une et indivisible", en réponse explicite au Brexit. "Nous ferons en sorte" que le Brexit ne se fasse pas "au détriment de l’Europe", a averti à ce sujet le président français François Hollande.

C'est pourtant une Europe en pleine tempête qui célèbre son 60e anniversaire face aux vents de la discorde, du doute et de la défiance populaire.

Davantage d'Europe, une autre Europe ou contre l'Europe: des milliers de personnes - pro et anti-UE - ont défilé samedi à Rome, sans incident, dans différents cortèges, sous haute surveillance.

"Nous sommes ici pour demander une Europe qui ne soit pas celle des banques et de la bureaucratie mais des droits des travailleurs et des étudiants", a expliqué à l'AFP Giovanni Zannier, 22 ans, étudiant en sciences internationales.

Au même moment, des dizaines de milliers d'Européens sont descendus dans les rues de Londres, Berlin ou Varsovie pour marquer leur attachement à l'Union à 28, aujourd'hui fragilisée par le départ des Britanniques.

Brexit, mais aussi vagues migratoires, marasme économique, attentats jihadistes et repli identitaire: conçue à six pour reconstruire l'Europe après la Seconde Guerre mondiale, l'Union à 27 traverse la pire crise de son histoire.

- "Rythmes différents" -

"Aujourd'hui à Rome, nous renouvelons l'alliance unique de nations libres qui a été lancée il y a soixante ans par nos prédécesseurs", a rappelé M. Tusk.

Mais au-delà des voeux pieux, la "Déclaration de Rome" de samedi elle-même n'a pu échapper aux divisions qui opposent les Européens, notamment ceux de l'Ouest et de l'Est.

Ainsi, l'Europe à "plusieurs vitesses", le contentieux le plus disputé, est devenue dans la Déclaration de Rome une Europe à des "rythmes différents".

Les 27 s'engagent à "agir de concert, si nécessaire à des rythmes différents et avec une intensité différente, tout en avançant dans la même direction, comme nous l'avons fait par le passé, conformément aux traités et en laissant la porte ouverte à ceux qui souhaitent se joindre à nous plus tard".

Un paragraphe minutieusement rédigé pour tenter de rassurer la Pologne et les autres pays réticents, qui redoutent d'être exclus du "club" en raison de leur opposition récurrente aux projets de Bruxelles, en ce qui concerne par exemple les politiques migratoires.

"Une Europe à plusieurs vitesses ne signifie nullement qu'il n'y a pas une Europe commune à tous", a assuré la chancelière allemande Angela Merkel.

Climat: l'Europe et ses monuments plongés dans le noir pour "Earth hour"

La tour Eiffel, le Vatican ou encore l'Acropole ont éteint leurs lumières samedi à l'occasion de l'opération "Une heure pour la planète" (Earth Hour), une vaste mobilisation aux quatre coins du monde contre le réchauffement climatique.

Villes et monuments du monde entier ont éteint leurs lumières à 20H30 heure locale dans le cadre de cette opération lancée en 2007.

Parmi eux, les pyramides égyptiennes, le Kremlin, la Mosquée bleue à Istanbul, la basilique Saint-Pierre ou l'Alhambra de Grenade...

Tout un chacun est en outre invité à éteindre la lumière pendant un heure et à allumer une bougie pour rappeler la nécessité d'agir contre le réchauffement climatique.

A Paris, la Tour Eiffel s'est éteinte pendant 5 minutes à 19H30 GMT, en présence de champions sportifs ambassadeurs de la candidature de la capitale française aux JO de 2024, dont la navigatrice Isabelle Autissier.

"La Tour Eiffel s'est rallumée mais l'action pour la planète continue", a indiqué WWF, l'ONG organisatrice de l'événement.

En Allemagne, quelque 300 villes ont participé à l’événement. A Berlin, c’est la célèbre Porte de Brandebourg, au cœur de la capitale, qui a éteint ses lumières, ainsi que l’Hôtel de ville.

La cause du climat a avancé, concède le WWF, mais l'urgence est toujours plus grande, tandis que les records de chaleur continuent de tomber.

"Nous avons lancé Earth Hour en 2007 pour montrer aux dirigeants que les citoyens se préoccupaient du changement climatique. Ce moment symbolique est aujourd'hui un mouvement mondial, rappelant combien le poids des citoyens compte," souligne Siddarth Das, directeur d'Earth Hour.

C'est à Sydney qu'a eu lieu le premier "Earth Hour", devenu aujourd'hui un phénomène mondial.

L'événement, qui fait le tour de la planète en 24 heures, a été lancé samedi en Australie, avec l'Opéra de Sydney plongé dans le noir ainsi que le pont enjambant le port de la ville.

Ce fut ensuite le tour des grandes métropoles asiatiques, de Singapour à Tokyo en passant par Hong Kong, avec des gratte-ciel plongés dans le noir, puis les pays du Golfe.

Toutes sortes d'initiatives sont prévues: concert aux chandelles à Lisbonne, course "durable" de 5 km à Singapour, plantation d'arbres en Tanzanie... En Birmanie, ce sont 10.000 lampes à huile qui ont été allumées à la pagode de Shwedagon, le plus important lieu sacré du pays.

Le mouvement est également présent via Facebook et sur internet www.earthhour.org/climateaction, avec un fil d'actualité.

Le réchauffement mondial connaît un rythme inédit, sous l'impact des gaz à effet de serre, largement générés par la combustion d'énergies fossiles (gaz, charbon, pétrole).

2016 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée sur la planète, marquant le troisième record annuel consécutif de chaleur. Un fait sans précédent depuis que les relevés de température ont commencé en 1880.

Irak: des dizaines de civils tués par des raids aériens à Mossoul-Ouest

Des responsables irakiens ont affirmé samedi que de récents raids aériens contre le groupe État islamique (EI) à Mossoul avaient tué des dizaines de civils, la coalition internationale reconnaissant de son côté avoir frappé un secteur où des pertes civiles ont été rapportées.

Selon des responsables irakiens et des témoins, des frappes aériennes ont en effet tué des dizaines de personnes ces derniers jours dans l'ouest de Mossoul.

Mais les chiffres évoqués n'ont pas pu être vérifiés de source indépendante et le bilan du raid mentionné par la coalition n'est pas connu.

"A la demande des forces de sécurité irakiennes, la coalition a frappé des combattants et du matériel (de l'EI) le 17 mars à Mossoul-Ouest dans le secteur correspondant à des allégations de victimes civiles", a indiqué la coalition internationale antijihadistes dans un communiqué.

Elle a précisé qu'elle cherchait à déterminer le "bien fondé de ces allégations".

Au début du mois, cette coalition menée par Washington avait indiqué qu'il était "probable qu'au moins 220 civils aient été tués involontairement dans des frappes" effectuées par son aviation depuis le début en 2014 de ses opérations contre l'EI en Irak et en Syrie.

L'armée de l'air irakienne, qui bombarde également les jihadistes dans la deuxième ville du pays pour soutenir ses troupes au sol, n'a elle jamais publié d'estimations de victimes civiles causées par ses frappes.

Les forces irakiennes ont lancé une offensive pour reprendre l'ouest de Mossoul le 19 février, après avoir repris l'est de la ville en janvier.

En un mois, environ 200.000 personnes ont fui les combats et les bombardements, d'après une nouvelle estimation des autorités irakiennes.

- "Boucliers humains" -

Samedi, Bachar al-Kiki, le chef du conseil de la province de Ninive, a fait état de "dizaines de corps encore ensevelis sous les décombres" après des frappes aériennes à Mossoul, sans préciser quand et où ces raids avaient eu lieu, ni qui les avait effectués.

Le gouverneur provincial Nawfal Hammadi a lui accusé la coalition d'avoir mené des frappes sur le quartier Al-Jadida ayant tué "plus de 130 civils". Il a ensuite évoqué "l'ensevelissement de centaines (de corps) de martyrs dans les décombres des maisons d'Al-Jadida".

"Daech essaie de stopper par tous les moyens l'avancée des forces irakiennes. Il rassemble des civils (...) et les utilise comme boucliers humains", a déclaré M. Hammadi à l'AFP en utilisant un acronyme arabe pour l'EI.

D'autres responsables ont fait état de centaines de morts dans plusieurs frappes sur plusieurs jours, sans qu'il soit possible de le confirmer de source indépendante.

Omar Mohanned Sumayr et son oncle Manhal, des civils qui ont aujourd'hui fui Mossoul, ont assuré qu'un immeuble avec 170 personnes à l'intérieur avait été détruit alors que les combattants de l'EI étaient pourchassés depuis les airs.

"Des snipers de Daech sont montés (sur les toits), ils ont ouvert le feu sur les forces irakiennes" et un avion les a frappés avec un missile, a affirmé Manhal. "Notre immeuble est à côté de celui qui a été détruit."

Un général irakien, sous couvert de l'anonymat, a par ailleurs indiqué que les frappes avaient endommagé plus de 27 bâtiments résidentiels, dont trois avaient été complètement détruits.

- "Terribles pertes" -

L'ONU a exprimé sa "profonde inquiétude" et appelé toutes les parties engagées dans le conflit à épargner les civils à Mossoul.

Irak: "Nous sommes abasourdis par ces terribles pertes humaines et exprimons nos plus sincères condoléances aux familles touchées par cette tragédie", a déclaré Lise Grande, la coordinatrice humanitaire de l'ONU pour l'Irak. "Rien n'est plus important que de protéger les civils."

Les combats se concentrent actuellement aux abords de la vieille ville, un dédale de petites rues densément peuplé, guère propice à l'avancée des blindés et où l'usage d'armes lourdes risque de mettre en péril les civils pris au piège par les jihadistes.

Il y aurait 400.000 habitants dans la vieille ville, selon un représentant du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) en Irak. Et environ 600.000 personnes se trouvent dans les zones encore tenues par l'EI, qui représentent environ 60% de Mossoul-Ouest.

Depuis le lancement il y a un mois de l'offensive sur Mossoul-Ouest, "201.275 personnes" ont fui les combats dans cette partie de la ville, a indiqué samedi le ministère irakien des Migrations et des Déplacés.

L'EI s'est emparé en 2014 de larges pans de territoires au nord et à l'ouest de Bagdad. Depuis, les forces de sécurité l'ont chassé de l'essentiel de ces secteurs et Mossoul-Ouest constitue le dernier bastion urbain du groupe jihadiste en Irak.

Syrie: au moins 16 civils tués dans une frappe aérienne près de Damas

Au moins 16 civils ont été tués et des dizaines de personnes blessées samedi dans une frappe aérienne menée sur un secteur tenu par les rebelles près de Damas, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'ONG a dit ne pas être en mesure dans l'immédiat de dire qui était derrière cette attaque sur la ville de Hammouriyé, à l'est de la capitale syrienne, qui a été dans le passé la cible de l'aviation syrienne et des avions russes.

"Seize civils, dont un enfant, ont été tués et une cinquantaine de personnes ont été blessées par une frappe aérienne sur la rue principale de la ville de Hammouriyé", a indiqué le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

Il n'a pas pu préciser si tous les blessés étaient des civils, mais a indiqué que le bilan des morts pourrait augmenter en raison de la gravité de l'état de certains d'entre eux.

Un photographe de l'AFP a vu des Casques Blancs, la défense civile en zone rebelle, retirer des survivants des décombres, dont un homme qui avait le visage maculé de sang.

Un autre sauveteur arrosait des gravats fumants, dont des voitures totalement broyées.

Ailleurs, un homme désespéré portait deux enfants, une fillette vêtue d'un pyjama, les cheveux plein de poussière et du sang sur la main, et un petit enfant avec un bandage sur la tête.

La région de la Ghouta orientale, proche de Damas, est soumise à un siège du régime syrien depuis 2012. Elle est également ciblée par de nombreux bombardements aériens et des tirs d'artillerie.

Elle est le dernier bastion de l'opposition au président Bachar al-Assad près de Damas, même si au cours des derniers mois les rebelles ont signé des accords dits de "réconciliation" par lesquels ils ont évacué certaines des cilles qu'ils contrôlaient.

Royaume-Uni: manifestation à Londres contre le Brexit

A quatre jours du lancement du divorce avec l'Union européenne qui fête son 60e anniversaire samedi, des dizaines de milliers de personnes ont marché à Londres contre le Brexit jusqu'au Parlement endeuillé mercredi par un attentat qui a fait quatre morts.

Sous un beau soleil et avec pour mots d'ordre "Unis pour l'Europe" et "Faites entendre votre voix, arrêtez le Brexit", 80.000 personnes, selon les organisateurs, ont foulé les rues de Londres malgré les mesures de sécurité renforcées.

Parés de nombreux drapeaux européens bleus aux étoiles dorées, ils brandissaient une multitude de pancartes où l'on pouvait notamment lire: "Demain les montres reculent d'une heure. Mercredi, elles vont reculer de 40 ans", "Le terrorisme ne va pas nous diviser, le Brexit si", "J'ai 15 ans, je veux qu'on me rende mon avenir" ou "Nous n'avons pas peur".

Une minute de silence a été observée à Parliament Square en hommage aux quatre personnes tuées mercredi et à la cinquantaine de personnes blessées par Khalid Masood, un Britannique de 52 ans qui a fauché plusieurs personnes avec sa voiture sur le pont de Westminster avant de poignarder à mort un policier devant le Parlement.

Le chef des libéraux démocrates Tim Fallon a insisté à la tribune sur le fait que "la démocratie continue", ajoutant: "Nous sommes ici malgré cette attaque".

"Mon passeport dit peut-être que je suis espagnole mais mon coeur est britannique", a déclaré Joan Pons, une infirmière espagnole qui vit depuis 17 ans au Royaume-Uni et travaille pour le service public de Santé britannique (NHS).

"Nous ne serons pas intimidés. Nous allons être unis et solidaires. Nous allons défiler au coeur de notre démocratie et reprendre possession de nos rues en l'honneur de ceux qui sont tombés", ont indiqué les organisateurs qui avaient envisagé d'annuler le rassemblement suite à l'attentat avant de finalement maintenir l'événement.

La marche coïncide avec le soixantième anniversaire de la création de l'Union européenne qui est célébré à Rome où les responsables politiques des 27 États membres outre le Royaume-Uni doivent se réunir pour préparer les négociations du Brexit.

Mercredi, la Première ministre Theresa May va officiellement déclencher le Brexit qui va ouvrir deux ans de négociations pour organiser le divorce avec l'UE.

Spectaculaire braquage de la bijouterie Cartier en plein centre de Monaco

Un samedi, en plein après-midi: c'est le moment qu'ont choisi trois hommes, attendus par un complice dans une voiture, pour braquer la bijouterie Cartier située au coeur de la principauté de Monaco. L'un d'eux a été arrêté peu après, les autres étaient toujours recherchés samedi en début de soirée.

Le montant du butin, tout comme les circonstances précises du braquage qui n'a pas fait de blessés, n'ont pour l'instant pas été communiqués.

L'attaque s'est déroulée vers 15H40, place du Casino, dans le luxueux centre du quartier de Monte-Carlo qui abrite le célèbre établissement de jeux de la Principauté, a indiqué le parquet général de Monaco dans un communiqué, qui précise qu'une opération de recherches était toujours en cours peu avant 20H00.

La zone a immédiatement été bouclée par les forces de l'ordre monégasques pour tenter de retrouver les trois hommes, "dont un au moins était armé", précise le parquet général.

"L'intervention rapide des services de police a permis d'interpeller sans effusion (de sang) un des trois malfaiteurs et de récupérer une arme", ajoute la même source. Selon la direction de la communication du gouvernement princier, il avait également avec lui une partie du butin.

"Le bouclage de la Principauté a également empêché toute fuite en voiture des deux autres individus et de leur complice qui les attendait avec un véhicule", se félicite le parquet général. La voiture, incendiée par les malfaiteurs, a été récupérée par la police.

"Il n'y a eu ni tir, ni blessés, ni prise d'otage", assurent les autorités judiciaires du Rocher, qui indiquent qu'une opération est en cours" pour localiser les autres malfaiteurs et les interpeller".

Les touristes et clients ont été confinés pendant une partie de l'après-midi dans le casino et les boutiques alentours, selon le journal Nice-Matin.

- Cartier déjà braqué à Cannes en 2015 -

Sur la place du casino, où se trouve la bijouterie braquée, l'activité avait repris son cours normal vers 19H00, a constaté un photographe de l'AFP, qui a vu plusieurs membres des forces d'intervention de la police monégasque sortir d'un commissariat à proximité. La boutique elle-même était allumée au moment où la nuit tombait.

"Les personnels de la boutique choqués par les événements, ont été pris en charge par une cellule psychologique", a précisé également le parquet général.

La célèbre marque de luxe Cartier a déjà été la cible de braqueurs sur la Côte d'Azur: il y a un peu moins de deux ans, en mai 2015, quelques jours avant l'ouverture du festival de Cannes, la boutique Cartier de la Croisette avait été dévalisée.

Un homme dissimulé derrière un masque de personne âgée et armé d'un pistolet-mitrailleur avait réussi à pénétrer en fin de matinée dans la boutique, malgré le sas et la présence d'un vigile.

Le malfaiteur avait ensuite fait entrer deux complices aux visages masqués par des écharpes, tandis qu'un quatrième homme faisait le guet à l'extérieur.

Les voleurs étaient repartis avec des bijoux et des montres dans une mallette en cuir souple et un sac de la bijouterie, d'une valeur estimée à 17,5 millions d'euros.

Guyane: appel à la grève générale malgré l'envoi d'une mission interministérielle

L'UTG, principal syndicat de Guyane, a lancé samedi un mot d'ordre de grève générale à compter de lundi, malgré l'appel à "l'apaisement" et au "dialogue" du gouvernement, qui a envoyé une mission interministérielle sur ce territoire ultramarin, touché depuis plusieurs jours par un mouvement social.

Samedi matin, les 37 syndicats réunis au sein de l'Union des travailleurs guyanais ont voté, à "l'unanimité moins une voix", la grève générale, à compter de lundi, a annoncé à l'AFP le secrétaire général de l'UTG, Albert Darnal.

L’UTG est le syndicat majoritaire en Guyane et l’un des premiers déclencheurs de ce mouvement de contestation. Trois syndicats enseignants appellent aussi à "la mobilisation".

Les écoles, l’université, le port de commerce, les administrations, et certains commerces sont fermés depuis jeudi. Les déplacements motorisés sont très difficiles, à l’exception de ceux des véhicules d’urgence.

L'annonce de l'envoi d'une délégation interministérielle, qui doit arriver samedi en milieu de journée (soirée pour Paris), n'a pas apaisé les esprits.

Treize des 22 maires du territoire, réunis en urgence à Kourou samedi matin par l’association des maires de Guyane, "refusent de rencontrer la délégation interministérielle", a en effet déclaré à l’AFP l’entourage du maire de Kourou.

Les quatre parlementaires guyanais sont aussi peu convaincus par la venue des émissaires du gouvernement. "Il y a déjà des hauts fonctionnaires en Guyane comme le préfet, et il y en a déjà beaucoup qui sont venus. On a donc l’impression qu’il n’y a rien de plus qui est proposé", estime l’entourage de la députée (PS) Chantal Berthelot.

Cette délégation, menée par Jean-François Cordet, conseiller maître à la Cour des comptes et ancien préfet de Guyane, est composée de plusieurs hauts fonctionnaires connaissant bien la Guyane et issus de différents ministères. Elle comprend aussi Michel Yahiel, commissaire général de France Stratégie et ex-conseiller social de François Hollande.

- Barrages routiers -

Depuis jeudi, des barrages routiers filtrants, soutenus par la classe politique, ont été installés sur l’ensemble du territoire pour réclamer un plan d’investissement massif et une amélioration de la prise en charge sanitaire, éducative et sécuritaire, dans cette collectivité territoriale de plus de 250 000 habitants.

Sur les barrages, à l’exception notamment des agriculteurs de Guyane, il a été décidé "de ne pas rencontrer" la délégation, selon l'un des porte-paroles du mouvement.

"On considère que c'est un manque de respect d'envoyer des hauts fonctionnaires, alors que nous avons demandé que se déplacent des ministres" a déclaré à l'AFP, Davy Rimane, secrétaire général de l'UTG -CGT de l’Éclairage, et agent d'EDF gréviste.

"Je préfère la venue de hauts fonctionnaires qui resteront peut-être en fonction dans un mois " a en revanche déclaré vendredi soir à l'AFP, Jean-Hubert François président du syndicat des jeunes agriculteurs de Guyane.

La quasi-totalité des protestataires est désormais regroupé en un collectif: "Pou Lagwiyann dekolé" ("pour que la Guyane décolle", en créole guyanais).

"En dehors des groupes structurés, on n’a pas de cahier de revendications clair. On ne fera pas venir un ministre en Guyane tant que ce ne sera pas structuré" expliquait vendredi sur Mediapart, Laurent Lenoble, le chef de cabinet du préfet.

"Nous sommes en train de finaliser une plateforme de revendication commune", a affirmé de son côté Davy Rimane.

Le collectif regroupe des salariés grévistes EDF Guyane, des collectifs contre l'insécurité ou la délinquance, des socioprofessionnels et des transporteurs.

Depuis le début du mouvement, aucun incident grave n’est intervenu, selon la préfecture. "La nuit dernière sur Cayenne a été beaucoup plus calme que la nuit d’avant", a-t-on ajouté.

Cela n'a pas empêché Marine Le Pen, qui s'était rendue en décembre en Guyane, de tweeter samedi que "les graves troubles qui agitent la #Guyane révèlent la perte d'autorité du gouvernement comme son mépris pour l'Outre-Mer".

Les vignerons du Midi se rappellent au souvenir des candidats à la présidentielle

"La colère monte chaque jour d'un cran": de 1.500 à 4.000 vignerons, selon les sources, ont manifesté samedi à Narbonne pour interpeller les candidats à la présidentielle et réclamer la fin de la "concurrence déloyale" des vins espagnols.

Sur une estrade installée au pied de l'hôtel de ville de Narbonne, Frédéric Rouanet, président du Syndicat des vignerons de l'Aude, a harangué des manifestants venus de tout le Midi viticole, des Pyrénées-Orientales au Gard, en passant par l'Hérault.

"La colère monte chaque jour d'un cran. Notre patience a des limites", a lancé le numéro un du premier syndicat de vignerons en France, qui revendique 4.000 adhérents.

"Nous sommes venus jeter une grosse bouteille de vin dans la campagne électorale", a ajouté le syndicaliste, devant 1.500 manifestants selon une source policière, 4.000 selon les organisateurs.

"Si les candidats ne nous écoutent pas, les discours changeront après les vendanges", a-t-il averti.

"Vous ne pouvez plus nous laisser seuls face à la folie du profit. L'Europe a-t-elle été faite pour nous protéger ou pour nous tuer?", a ajouté M. Rouanet. Il a dénoncé des importations de vin qui "ne cessent de progresser" et une grande distribution qui "vend des vins espagnols maquillés en vins français".

- Première terre viticole exportatrice -

"Nous ne voulons plus de vins d'importation", a lui aussi affirmé Xavier Fabre, président du Syndicat des vignerons gardois. "Nos caves sont pleines. Il nous reste 25% de notre production à écouler et pourtant, des marques vendent des vins espagnols en faisant croire que c'est français", a enragé le producteur.

Vendredi soir, les locaux d'un négociant en vins, notamment espagnols, ont été incendiés à Béziers, dans l'Hérault voisin. L'action a été revendiquée par le Comité régional d'action viticole (Crav), sorte de bras armé des viticulteurs du Midi.

"Ils mettent un clocher et un béret sur l'étiquette et ils vendent ça pour du vin français", a renchéri Arnaud Aribaud, président des Jeunes agriculteurs de l'Aude.

Les vignerons s'estiment victimes d'un traitement inégal au sein de l'Union européenne. Les vins espagnols et italiens "bénéficient de charges moins importantes sur leurs salariés" et d'une réglementation plus laxiste sur le plan environnemental, accuse le Syndicat des vignerons de l'Aude.

Première terre viticole exportatrice de vins de l'Hexagone, le Languedoc produit le tiers du vin français. Quelque 30.000 vignerons cultivent ses 246.000 hectares.

Les viticulteurs du Midi ont d'autant plus un sentiment de frustration qu'ils ont fait leur propre aggiornamento ces dernières décennies : longtemps terre du vin de table bon marché, la filière s'est largement recentrée vers la qualité. Une grande partie des vignes les moins qualitatives ont été arrachées : la moitié des surfaces dans l'Aude entre 1995 et 2012.

Sur le marché international, les Corbières et autres La Clape sont aujourd'hui reconnus et la région exporte environ 35% de sa production. Mais de nombreux vignerons souffrent encore, en particulier ceux qui continuent à produire du vin de table, qui est directement concurrencé par l'Espagne, meilleur marché.

La manifestation s'est dispersée dans le calme en fin d'après-midi mais, quelques heures plus tard, quelques dizaines de viticulteurs ont saccagé le rayon vin d'un supermarché à l'entrée sud de Narbonne, après en avoir barré l'accès avec des pneus brûlés.

Mondial-2018: les Bleus font le travail au Luxembourg

L'équipe de France, sans être vraiment libérée, a assuré l'essentiel en s'imposant samedi au Luxembourg (3-1) avec un doublé de Giroud, et poursuit ainsi son cavalier seul en tête du groupe A des qualifications au Mondial-2018.

Les Bleus, rejoints temporairement au classement en fin d'après-midi par la Suède (4-0 contre le Belarus), ont repris ensuite leurs distances avec désormais 13 points, devant donc les Suédois (10) et la Bulgarie (9), qui a battu les Pays-Bas (7).

Grâce à un doublé de Giroud et un penalty de Griezmann, la route pour la Russie se précise un peu plus, même si, après le match amical de prestige contre l'Espagne mardi au Stade de France, il y aura un sommet à bien négocier, le 9 juin en Suède.

Samedi, il s'agissait d'être sérieux face au 135e au classement Fifa dans le petit stade Josy-Barthel de 8000 places propice au "match-piège" annoncé par Hugo Lloris qui redoutait "une équipe assez regroupée qui essayerait de garder le score le plus longtemps possible et de profiter des contre-attaques et des coups de pieds arrêtés". Bien vu, sauf pour le score, qu'une séquence de dix minutes en première période a affolé.

- Sidibé décisif et blessé -

Les Bleus sont parvenus à trouver la faille lorsque le centre en retrait de Sidibé était repris par Giroud (27e). Puis Matuidi fauchait Da Mota et Joachim égalisait sur penalty (34e), premier but luxembourgeois contre la France depuis 1978; mais le même Da Mota fauchait à son tour Sidibé, et Griezmann remettait les Bleus devant les "Roud Léiwen" (Lions rouges) sur penalty (37e). Sidibé un peu plus tard allait sortir sur civière, touché aux côtes (62e).

Didier Deschamps avait prévenu que ces Luxembourgeois étaient coriaces. Et de fait, les Bleus ont eu chaud, lors de cafouillages dans leur surface, ou quand Da Mota manquait le ballon seul au deuxième poteau (51e).

Mais la différence de standing et de talent sur la pelouse allait finir par faire pencher la balance, dans le droit-fil des deux dernières confrontations (deux fois 2-0 en qualifications à l'Euro-2012).

Il fut beaucoup question des jeunes cette semaine. Mais dans le Grand-Duché, ce sont les cadres qui se sont mis en évidence.

- Bleus raccrochés aux cadres -

Matuidi, qui a failli marquer (poteau à la 42e et sauvetage d'un défenseur sur sa ligne à la 66e), et un Payet omniprésent ont été au coeur du jeu, à l'impulsion de toutes les actions. Griezmann a perdu deux duels avec le gardien, un lob raté (15e) puis une frappe en angle fermé (66e), mais il est à l'origine du premier but et a inscrit le deuxième.

Surtout, Giroud a profité de l'occasion pour rappeler qu'on pouvait compter sur lui: en inscrivant ses 22e et 23e buts (en 60 sélections), l'avant-centre intègre le top 10 des buteurs des Bleus. Et envoie un message à son ex-rival Benzema, mis en examen dans la fameuse affaire de la sex-tape et qui a demandé des "explications" à Deschamps sur sa non sélection depuis octobre 2015.

Chez les jeunes, Benjamin Mendy, unique novice aligné d'entrée, a été très actif, généreux en attaque entre combinaisons et centres, et passeur décisif pour la tête de Giroud (77e). Un but important puisqu'il mettait les Bleus à l'abri. Mais le Monégasque de 22 ans a aussi parfois été brouillon, voire léger en défense...

Ousmane Dembélé (19 ans), après trois sélections fades, s'est lui libéré: il n'a pas hésité à foncer balle au pied, à éliminer, à tenter des gestes de classe, et se faisait du coup souvent faucher. Peu importe le déchet afférent à ses prises de risque: c'était bien le Dembélé de Dortmund, même s'il lui a manqué un geste décisif pour couronner le tout.

Mbappé, la grande attraction de la semaine, a honoré sa première sélection à 18 ans en remplaçant Payet (78e). Il s'est vite mis en action lorsque, excentré côté gauche, il a contraint le gardien à dévier la balle en corner (80e), puis a trouvé Rabiot dans la surface en se jouant de son cerbère (85e). Une promesse intacte.

La Patrouille de France survole la statue de la Liberté

Les avions de la Patrouille de France ont survolé samedi la pointe sud de Manhattan et lâché leurs fumées bleu-blanc rouge au-dessus de la Statue de la Liberté, pour la première grande tournée américaine de la célèbre formation depuis 31 ans.

Sous un soleil voilé, huit appareils Alphajet de la légendaire patrouille, redécorés en hommage aux couleurs américaines et emmenés par un avion de transport militaire A400-M, ont survolé à deux reprises, à bonne altitude, l'icônique symbole des Etats-Unis, première étape d'une tournée américaine d'un mois et demi.

Quelque 2.000 personnes, simples curieux, touristes ou passionnés, ont assisté, depuis Battery Park au sud de Manhattan ou depuis les abords de la statue sur Liberty Island, aux quelque 10 minutes qu'a duré la démonstration, applaudissant à chaque passage.

La Patrouille de France, célèbre notamment pour ses démonstrations lors des défilés du 14 juillet, n'avait pas fait de grande tournée aux Etats-Unis depuis 31 ans, lorsqu'elle avait participé aux festivités marquant le centenaire de la Statue de la Liberté en 1986.

Cette tournée, qui se terminera le 4 mai au Canada, compte quelque 24 étapes, mobilisant quelque 72 aviateurs, du personnel de soutien, 10 Alphajet et un A 400-M, selon l'armée de l'air.

Elle est constellée de survols (Washington DC et le Pentagone, le Grand Canyon, le Golden Gate Bridge de la baie de San Francisco...) et de présentations acrobatiques.

Ce déplacement célèbre le centenaire de l'entrée des Etats-Unis dans la première guerre mondiale aux côtés des alliés, et plus généralement la solidarité et la coopération militaire franco-américaine, selon l'armée de l'air.

Les deux aviations sont notamment engagées depuis 2014, dans le cadre d'une coalition internationale, dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) en Irak et Syrie.